2/Conte et apologue .

 

                                                                  2/Conte et apologue .

  

 A coté d’une abondante production romanesque (Marivaux, Prévost, Crébillon) dont Voltaire se moque dans ces œuvres, l’essentiel de la littérature est lié à des batailles d’idées. Depuis les lettres persanes de Montesquieu de 1721, les auteurs s’engagent dans une sorte de militantisme, contre le pouvoir absolue, contre l’église, contre les guerres et les inégalités sous toutes ses formes. Tous se réclament d’ailleurs de la « philosophie » et se nomme  « philosophe », montrant par là que l’écriture est d’abord la diffusion d’une pensée et non un simple agrément. Exemple caractéristique, tous participent plus ou moins à la « bataille encyclopédique ». Le premier volume  de l’encyclopédie parait en 1751. Aussitôt le conseil du roi interdit la publication. Elle continue néanmoins pour s’achever près de 20 ans plus tard ! Les contes participent à ce mouvement de vulgarisation d’idée et de satire généralisé. Ce sont des œuvres « engagés » ou vient se fondre la plupart des debats du moment.                                                                                                                                                   Le conte et l’apologue sont des récits allégoriques  très courts comportant une histoire  et une narration en vers ou en prose dont ont tire un enseignement ou une leçon de morale «le miroir du pèlerin » ils ne  sont que des  reflets de la société du fait qu’ils exposent au lecteur des images sortie de la vie quotidienne , à travers des personnages symboliques reflétant la réalité. C’est à travers ces personnages que le lecteur en vient à ce reconnaitre et a voir le monde tel qu’il est  vraiment étant donné qu’il y découvre tous les vices auxquels l’homme peut être confronté. C’est une œuvre à teneur didactique et a visé pédagogique ou la morale peut être aussi bien explicite ou implicite. On distingue parmi les apologues, les exenpla, ce sont des contes animaliers qui accompagnent la messe au moyen âge : les fablio, puis on assiste aux fables, aux contes et enfin les utopies qui représentent un monde idéal.

 

A /le conte philosophique.

Le conte philosophique fait partie des apologues, il apparait au 18ème siècle et propose comme un mélange de conte traditionnel et de réflexion philosophique. Il est très en honneur à cette époque et beaucoup d’auteur célèbre rejoignent alors le gout du public. Voltaire reconnait d’ailleurs céder à une mode et refusait de prendre au sérieux ce type de production.

 

C’est sur ses tragédies qu’il comptait pour passer à la postérité. Il rédige donc des contes pour muser ses proches, pour utiliser son talent de causeur satirique. Dans le même esprit, on trouve aussi, au 18ème le dialogue ; la facétie (plaisanterie qui détourne un raisonnement de son but) ; ou diverses histoires. Le conte est « un petit genre » parmi d’autres mal défini. Le but visé reste malgré tout évident : touché le publique le plus large possible, en l’amusant, pour vulgarisé des idées. On emplois ainsi souvent des voyages afin de promener une « marionnette » dans diverses situations extrême qui servent à illustrer les aspects d’une thèse. On ne ce soucis ni de réalisme ni de psychologie : les individus et les situations sont stéréotypés et traduisent un jeu d’idées critiques.                                                                                                                            Puisque e conte est une fantaisie comique au service d’une propagande, on peut définir, pour chaque œuvre, une thése.                                                                                                                                                                                                                                                      Ainsi dans candide l’œuvre de voltaire dont le but initial est de lutter contre l’intolérance et les préjugés, la défense des valeurs de droits et d’égalité social, on sait qu’il s’agit de ridiculiser l’optimisme et de montrer l’ampleur du mal dans le monde. En tout cas Voltaire se distingue ici de la définition que ses contemporains donnaient du conte «récit fabuleux dont le but est moins d’instruire que d’amuser » (encyclopédie)

Le projet philosophique du conte voltairien est de rendre visible l’absurdité de la réalité (d’où l’exagération et le burlesque), tout en obligeant son lecteur à s‘interroger sur ses préjugés. En soit le conte est une ironie : mélange de raillerie et de question, il donne à penser.               Ainsi dans le monde comme il va Voltaire mélange ses idées sur la politique et sur l’importance de la vertu .ont retrouve celle-ci tout au long du récit  a travers le regard étrange de Babouc que Voltaire livre a cette critique : Savoir si Persépolis sera détruite ou non. L’auteur se livre donc à travers son personnage principal à une sévère critique de la société occidental.

 

 

Le conte repose ainsi sur trois principes qui lui donnent de l’efficacité :                                                          -L’appel à l’imagination du lecteur grâce au voyage et aux romanesque                                                         -L’utilisation des faits de réel qui oblige le lecteur à accepter la fiction et à se sentir concerné, cela crée une certaine connivence.                                                                                                                                   –L’omniprésence du conteur : sans intervenir directement dans le récit il tire les ficelles et évoque des situations qui correspondent à sa propre vie ; il est engagé dans son conte qui est une « parole-action » et qui abouti, comme dans les fables à une morale.    Les variations tiennent surtout à une tension entre le plaisir d’écrire (humour, jeu de mot) et la volonté de dénoncer.

 

B /placere docere.

Cette fameuse citation d’Horace qui signifie en latin « plaire et instruire »est comme son nom l’indique une merveilleuse manière d’apprendre à autrui diverse leçon de vie tout ‘en ayant une fonction de divertissement. « Il obtient tous les suffrages celui qui unit l’utile à l’agréable, et plaît et instruit en même temps. » Pour les auteurs classiques, le but essentiel de l’art est de « plaire et d’instruire » dans le sens où l’art doit provoquer la réflexion par le biais d’une forte réaction d’émotion.   Les contes pour enfants ont souvent une portée morale  qui indique comment se comporter (morale pratique) : Le petit chaperon rouge rappelle aux enfants qu’il ne vaut mieux  pas  parler aux inconnus. Nombre de contes, cendrillon, les fées, la belle et la bête montrent ou devrait t‘on dire démontrent que la vraie vertu est dans la simplicité et l’amour vrai, que la vraie beauté est dans le cœur et non dans l’apparence (Riquet à la houppe). La morale peut être explicite c'est à dire être écrite de façon à ce que l'on puisse la repérer rapidement ou bien implicite, il faut dans ce cas réfléchir sur le message qu'à voulu faire passer l'auteur. «Pour qu'une histoire accroche vraiment l'attention de l'enfant, il faut qu'elle le divertisse et qu'elle éveille sa curiosité. Mais pour enrichir sa vie, il faut en outre qu'elle stimule son imagination; qu'elle aide à développer son intelligence et à voir clair dans ses émotions; qu'elle soit accordée à ses angoisses et à ses aspirations; qu'elle lui fasse prendre conscience de ses difficultés, tout en lui suggérant des solutions aux problèmes qui le troublent». L'atout du conte de fées est qu'il est en accord avec les aspects de la personnalité d'un enfant, et qu'il lui donne confiance en lui et en son avenir.
La vie peut sembler déroutante à un enfant, du fait de sa complexité. Et c'est grâce aux contes de fées qu’il pourra mettre un peu de cohérence dans le tumulte de ses sentiments
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La fable représente bien aussi cette philosophie car comme le disait Jean de la fontaine « Il faut plaire pour instruire » c’est comme cela qu’il arrive dans ses fables à donne une leçon de morale par le biais de ses personnages animaliers qui sont alors humanisés par la parole.

 

 C/fable et moralité.

La fable illustre pour le lecteur une leçon que celui-ci doit apprendre pour mieux vivre « les fables peuvent instruire les hommes».  Le registre didactique la fable est un court texte en vers ou en prose qui à recoure à une allégorie le plus souvent animal pour donner une leçon de morale.  Celle-ci sortie d’une histoire imaginaire est aussi présente dans les discours et pour tout ce qui concerne l'expression de la morale :                                                               

    Ésope est représenté comme le plus grand fabuliste de l’antiquité grecque, il est considéré comme l’inventeur du genre de la fable qui se caractérise par des récits brefs (on parle de sécheresse ésopique) et par l’importance accordé a la moralité.il transmettait oralement ses fables au cour de ses nombreux voyage. Du temps d’Ésope la fable était contée simplement; la moralité séparée et toujours en suite. Phèdre est venu, qui ne s’est pas assujetti à cet ordre : il embellit la Narration, et transporte quelquefois la Moralité de la fin au commencement.» Plus tard, quand elles furent écrites, quelques-unes parurent en vers. La plupart, cependant, furent imprimées en prose. Mais sous n’importe quelle forme, elles n’ont rien perdu de leur sagesse, ni de leur charme. Les leçons qu’elles enseignent sont vraies pour nous aujourd’hui, comme elles le furent pour les anciens. L’humour et l’humanité des fables conservent à jamais une vivacité qui leur permet de se perpétuer.

C’est d’ailleurs d’Ésope que Jean de le Fontaine s’est inspires lorsqu’il à écrit les fables : 

« Tout cela se rencontre aux fables que nous devons à Ésope. L’apparence en est puérile, je le confesse ; mais ces puérilité servent d’enveloppe à des vérités importantes » (LA FONTAINE, préface des Fables).  Mais aussi des fables de Guéroult, de Fénelon par exemple « le pigeon puni de son inquiétude» (Fénelon) revisité dans  les fables en «  les deux pigeons »et du poète latin Phèdre (environ15-50 av. J.-C.) qui  « embellit la narration » par le choix de la poésie.

 

 

Afin de rendre un texte attractif, le fabuliste La Fontaine inscrit un schéma narratif rythmé et rapide. Pour rendre son histoire plus vivante, il utilise très souvent des présents de narration afin d'intensifier l'action lorsqu'elle devient surprenante. Cette rapidité nous met tout de suite dans l'action et nous incite à continuer la lecture. De plus, l'intérêt du lecteur est sollicité car le monde animal est souvent confronté à celui des hommes. La Fontaine utilise un lexique bestiaire afin d'illustrer son récit. Mais l'auteur en général ne se contente pas de raconter une histoire.

Ainsi les Fables de la Fontaine critique les abus de pouvoirs, le mensonge,  l’hypocrisie, les injustices ainsi que les violences mise en place par la société .Il dénonce ces faits à l’aide de personnages particuliers qui ne sont autres que des animaux .En outre le monde de la fable amuse car au fond il est proche de la farce : tout y est ruse et tromperie et retournement de situation. La Fontaine se sert des animaux pour «  instruire les hommes », celui-ci nous amène à nous méfier des autres et de nous même.  Les personnages de ses fables ne servent pas seulement à peindre nos défauts et nos faiblesses mais aussi à critiquer et à attaquer la société du 17ème siècle. Ainsi les Fables représentent un genre enrichissant qui nous amène à réfléchir à notre époque et qui nous permet de rire des travers et des défauts de l’homme tout en s’instruisant.

« L'apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l'une le corps, l'autre l'âme. Le corps est la fable; l'âme, la moralité».

Le conte et l’apologue ont incontestablement marqués le siècle des lumières. Ils présentent une forme originale qui réussit à captiver le lecteur et un fond qui instruit tout en divertissant. Ce genre à l’efficacité persuasive à cause de son caractère concret et sa simplicité permet d’aboutir à une prise de conscience. Il s’agit de frapper l’esprit du lecteur par la force d’une représentation concrète de l’idée qu’on veut démontrer. Le récit fonctionne chaque fois comme une allégorie, une métaphore, une image facile à comprendre et à mémoriser. De ce fait, la transmission orale est vulgarisée et permet à toutes les classes de la population d’avoir accès à un savoir qui ce veut « populaire ».

Les fables ne sont pas ce qu'elles semblent être ;
Le plus simple animal nous y tient lieu de maître.
Une morale nue apporte de l'ennui :
Le conte fait passer le précepte avec lui.
En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire,
Et conter pour conter me semble peu d'affaire.
C'est par cette raison qu'égayant leur esprit,
Nombre de gens fameux en ce genre ont écrit.
Tous ont fui l'ornement et le trop d'étendue.
On ne voit point chez eux de parole perdue

(Début de la fable Le pâtre et le lion, Livre VI).

 

 

 

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